Quartier de Haifa,
Wadi Salib
Un orgelet dans l'oeil somnolent de Haifa
par Shani Shilo
de Haaretz

Dans la societe israelienne, Wadi Salib est considere
comme un temoignage de "l'autre". Ce quartier delabre, qui
s'etale sur la partie inferieure de la pente Nord-Est du Mont
Carmel, ne retrace pas seulement l'histoire de ces personnes
qui ont fui durant la guerre d'Independance. Il raconte aussi
l'histoire des nouveaux immigrants, principalement ceux qui,
originaires d'Afrique du Nord, s'y sont installes, et qui sont
partis en guerre avec le gouvernement ashkenaze en 1959. Le
quartier a ete en grande partie evacue dans les annees 1960.
Contrairement a Manashiya a Tel Aviv, qui a ete reconstruite,
ou a la vieille ville de Jaffa, qui a ete transformee en quelque
chose comme un grand decor de film, Wadi Salib est restee
une horreur.
Ni les forces du marche, ni l'intervention des pouvoirs publics
n'ont reussi a faire disparaֳ®tre ou a ameliorer Wadi Salib - et
ce n'est pas faute d'avoir essaye. Pendant des annees, la
municipalite de Haifa a essaye de transformer ce quartier en
une colonie d'artistes comme a Jaffa, mais les projets sont
restes sur le papier. La seule preuve materielle de cet effort est
un signe rouille sur un tas de decombres.
"A la fin des annees 1980 et au debut des annees 1990, la ville
et l'Administration fonciere israelienne ont travaille dur
pour ce "plan de quartier ", dit la professeure Yifat Weiss, de
l'Universite de Haifa et auteur de" Wadi Salib: Une Memoire
Confisquee. "
La ville, alors dirigee par le maire Arie Gurel, avait presente ce
plan dans les differents comites de planification et parlait de
preservation bien avant que la Knesset ait pense a un tel
concept.
"Mais l'administration fonciere desirait permettre un
commerce adapte aux zones residentielles, et ne voulait pas
limiter ce quartier a des galeries d'art, comme la ville de Haifa
le souhaitait.De plus, la ville n'avait pas examine
l'enorme cout de la reconstruction des infrastructures. Le plan
n'etait pas faisable du point de vue economique dit-elle pour
expliquer que le plana ֳ©tֳ© enterre.
Mais la faisabilite economique n'etait pas la seule raison pour
laquelle Wadi Salib est restees neglige. Ce quartier n'interessait
simplement pas la ville.
La serie de manifestations de rue et d'actes de vandalisme dans
le quartier de Wadi Salib a Haifa en 1959, les "evenements de
Wadi Salib", etaient une revolte sociale contre
la discrimination ethnique, et contre le Mapai, qui ֳ©tait le
parti dirigeant a cette epoque.
Les incidents violents, ont eclate une nuit de juillet 1959, apres
qu'un policier ait tire sur un homme saoul du quartier desole.
L'homme a recu une balle dans la jambe, mais des rumeurs
qu'il avait ete tue ont commence a circuler. Le lendemain
matin, des centaines de manifestants ont proteste a l'exterieur
du poste de police local. Mais la protestation pacifique a
degenere en emeutes, entraֳ®nant des fenetres brisees et des
pillages a travers des quartiers plus riches de Haifa.
"Apres les emeutes de 1959, un comite a decide de faire
evacuer l'endroit", explique Weiss. "Dans la pratique,
l'evacuation a commence en 1961 mais elle a dure des annees
car il n'y avait pas de loi permettant des expulsions radicales.
Vers le milieu des annees 1960, d'importantes superficies de
l'oued etaient vides mais le manque de clarte du
statut juridique des zones evacuees ont retarde le
developpement du quartier. "Dans d'autres localites, a-t'elle
ajoute, des problemes analogues n'ont pas retarde le
developpement dans d'autres quartiers en Israel
Si vous vous promenez dans le wadi , vous pouvez ressentir ce
qu'il ֳ©tait dans le passe.  Autrefois, il avait de la grandeur.
Une certaine grandeur au moins. Les vestiges de belles
maisons peuvent etre trompeurs: ce n'ֳ©tait pas un quartier
prospere, qui avait connu de meilleurs moments. Dans
l'ensemble, il a toujours ete un "trou".
"Wadi Salib etait un quartier musulman pauvre sous
le mandat britannique et s'est transforme en un quartier
sepharade pauvre apres qu'on y ait loge les
immigrants explique Weiss. Il n'y avait pas ou tres peu de
grandes maisons qui auraient pu etre conservees. Le quartier
n'a pas pu etre renove selon les memes principes qu'a Jaffa,
ou il y a eu renovation de beaux immeubles. La conservation
doit etre envisagee comme a Nahlaot a Jerusalem, mais la, les
proprietes appartenaient a des juifs, et n'etaient pas des biens
abandonnes.
"Le quartier a le potentiel d'etre un veritable joyau
architectural, mais les proprietes ne pourraient pas etre
renovees sans une main directrice qui y ammenerait des gens
aises ", souligne-t-elle. "Aujourd'hui, le wadi  est a la
lisiere de la ville. La maniere dont Haifa s'est developpee
jusqu'a la montagne du Carmel et a l'Ouest ont aggrave les
ecarts entre les quartiers situes sur la crete, et ceux qui se
trouvent sur les flancs et au Nord. Plus on grimpe, plus les
gens sont prosperes. Il faudrait une bonne raison pour que les
gens aises abandonnent les hauteurs. "
La Corporation Economique de Haifa, une compagnie
municipale, a essaye d'encourager le developpement du secteur
prive a Wadi Salib. Il a lance un projet de bureaux et de
commerces sur deux parcelles de terrain. Le site Web de la
societe affirme que la zone de  1000 metres carres "est
caracterisee par l'esprit et l'atmosphere locale." Peut-etre
est ce la raison pour laquelle le projet est bloque: il ne sert a
rien de publier des offres en Israel lorsque les entrepreneurs
ont perdu tout interet pour Haifa.
L'adjoint au maire de Haifa, Shmuel Gelbhart, qui gere
egalement l'Administration d'Ingenerie de la Ville, considere
que l'etat neglige du wadi decoule d'une politique erronee de la
part de la municipalite. "Ces dernieres annees, le
developpement de Haifa a mis l'accent sur les lisieres de la
ville", dit-il. "Par consequent, la peripherie de la ville a
prospere tandis que le centre a fletri."
Cependant, il continue d'etre optimiste: Au moins on a
remarque Wadi Salib. Le probleme a ete identifie et c'est le
debut d'une solution, dit Gelbhart. "Haifa est au debut d'une
periode sans precedent de developpement et la renovation de la
ville basse est seulement une partie." La ville est en train
d'elaborer un nouveau plan directeur qui concerne aussi le
centre de la ville, dit-il.
Les planificateurs peuvent avoir toute la bonne volonte du
monde, mais ils ne peuvent pas changer les faits sur le terrain.
Par exemple, ils ne peuvent pas changer le fait qu'a Haifa, le
marche immobilier est moribond et que les investisseurs sont
alienes de la ville, belle comme elle peut l'etre. Pourtant, on ne
peut pas laisser les forces du marche faconner seules
l'avenir de Haifa. Des planificateurs habiles devraient etre en
mesure de diriger les forces de la ville dans son interet
La realite, c'est que ceux qui ont prevu de transformer Wadi
Salib en une colonie d'artistes ont neglige le simple fait
qu'il n'y a pas d'artistes qui y habite! Gelbhart fait remarquer
aussi qu'il n'ya pas non plus de palais de justice! Si quelque
chose a pu aider, c'est que le gouvernement a construit un
complexe dans ce quartier miteux, ce qui a cause un mince
filet de developpement dans son voisinage  immediat. En fait,
le complexe du gouvernement a Wadi Salib permet de
maintenir les problemes plus qu'il ne propose de solutions.
Certes, les comptables et les avocats ont commence a louer des
bureaux dans le complexe, mais les enormes edifices
gouvernementaux tournent le dos au quartier. Un immense
mur de pierre ininterrompu n'est pas le genre de chose qui
peut conduire a la rehabilitation du quartier ou a la floraison
dess prix de l'immobilier. Le complexe peut faire  
physiquement partie du wadi, mais c'est la que leur relation se
termine.
Gelbhart pense que la solution du probleme de Wadi Salib
commence par un plan pour la connecter avec Hadar par le
biais de nouveaux axes de transport. Mais cela n'est pas si
simple. Car Haifa est construite sur une montagne, et le mot
"voie de transport" est un euphemisme pour " route".
Qui veut vivre a cote d'une route qui relie les centres
municipaux mais qui separe le quartier en deux? Il faudra
changer radicalement notre facon de penser pour amener des
residents a Wadi Salib. Une ville animee est caracterise par
une combinaison d'utilisations et d'activites: les bureaux a cֳ´te
des zones residentielles, des restaurants a cote d'ecoles. La
rehabilitation de Wadi Salib doit commencer avec la
renaissance de la ville de Haifa dans son ensemble, et ce
quartier oublie doit attendre son heure
A stye in slumberous Haifa's eye
By Shani Shilo
from Haaretz

Wadi Salib is considered a testament to the "other" in Israeli
society. This dilapidated neighborhood, spilling down the lower
northeastern slope of beautiful Mount Carmel, not only tells the
story of the people who fled during the War of Independence. It
also tells the story of new immigrants, mostly from northern
Africa and housed in the area, who went to war with the
Ashkenazi establishment in 1959. The neighborhood was
largely evacuated in the 1960s. Unlike Manashiya in Tel Aviv,
which was mostly rebuilt, or the old city of Jaffa, which has
turned into something like a giant movie set, Wadi Salib has
remained an eyesore.
Neither market forces nor government intervention have
succeeded in making Wadi Salib vanish or improve - and it
isn't for want of trying. For years, the Haifa Municipality tried
to turn the ramshackle neighborhood into an artists' colony like
Jaffa, but the plans stayed on paper. The only physical evidence
of the drive is a rusting sign on a pile of rubble.
"In the late 1980s and early 1990s, the city and the Israel
Lands Administration worked hard to pitch this Artists' Quarter
plan," says Prof. Yifat Weiss, a lecturer at Haifa University and
author of "Wadi Salib: A Confiscated Memory."
The city, headed by Mayor Arie Gurel, was pushing the plan
through the various planning committees and was discussing
preservation even before the Knesset had thought of such a
concept, she says.
"But the ILA wanted to allow commerce suitable to residential
areas, not to limit the area to art galleries as the city of Haifa
wanted. Also, the city hadn't considered the huge cost of
rebuilding the area's crumbling infrastructure. The tender
wasn't economically feasible," she says to explain the plan's
demise.
But economic feasibility wasn't the only reason Wadi Salib
remained neglected. It simply wasn't on the city's mind.
The Wadi Salib events comprised a series of street
demonstrations and acts of vandalism in the Wadi Salib
neighborhood of Haifa in 1959. Those events were a social
rebellion against ethnic discrimination, and against the Mapai
(Labor party) establishment that ruled in Israel at that time.
The neighborhood took a violent turn one night in July 1959,
when a policeman shot an inebriated man from the sorry
neighborhood. The man was shot in the leg but rumors began
to circulate that he had been killed. The upshot was what
became known as the Wadi Salib riots: The next morning,
hundreds protested outside the local police station. But the
peaceful protest deteriorated into violence, resulting in
shattered windows and looting throughout wealthier
neighborhoods of Haifa.
"After the riots of 1959, a committee decided to evacuate the
place," says Weiss. "In practice, evacuation began in 1961 but
lasted years because there was no law in Israel enabling radical
expulsion. You could say that by the mid-1960s, large areas of
the wadi were empty and the unclear legal status of the
evacuated areas came to delay development of the area." On
the other hand, she adds, similar problems elsewhere in Israel
didn't hold up development.
Walking around the wadi, you can sense that once upon a time,
it had grandeur. Some grandeur, at least. The remains of
handsome homes can be misleading: This is not a prosperous
area that had known better times. By and large, it had always
been a hole.
"Wadi Salib had been an impoverished Muslim neighborhood
during the days of the British mandate and it turned into a an
impoverished Sephardic neighborhood after the immigrants
were housed there," Weiss says. It didn't have grand homes
that could be preserved, or at least it didn't have more than a
few. Ergo, it couldn't be fixed up following the pattern of Jaffa,
which involved rebuilding existing beauties. It had to be
approached like Nahlaot in Jerusalem, but there, the property
was Jewish, not deserted assets.
"The neighborhood has the potential to be an architectural
gem, but it isn't property that could be gentrified without a
guiding hand that brings the well-to-do to the area," she
stresses. "Today, the wadi is at the edge of town. The way
Haifa has developed up the Carmel mountain and to the West
deepened the gaps between the neighborhoods on the
mountain's apex, and the ones on the slopes and North. The
higher you climb, the more prosperous the people are. One
needs a compelling reason for the well-to-do to abandon the
heights."
The Haifa Economic Corporation, a municipal company, has
tried to encourage the development of the private sector in the
neighborhood. It initiated a project of offices and commerce on
two plots of land. The corporation's Web site states that the
1,000-square meter area "is characterized by the local spirit
and atmosphere." Maybe that is why the project is stuck:
There's no point in publishing tenders when Israel's
entrepreneurs have lost all interest in Haifa.
Haifa's deputy mayor, Shmuel Gelbhart, who also manages the
city's Engineering Administration, views the wadi's neglect as
misguided policy on the municipality's part. "In recent years,
Haifa's development has focused on the city's margins," he
says. "Therefore, the city's periphery has flourished while the
center has withered."
He maintains optimism, though: At least Wadi Salib has been
noticed. The problem has been identified and that's the start of
a solution, Gelbhart says. "Haifa is at the start of an
unprecedented period of development, and the plan for the
lower city is just part of it." The city is formulating a new
master plan that isn't going to pass over the inner city, he says.
The planners may have all the goodwill in the world, but they
can't change facts on the ground. For instance, they can't
change the fact that Haifa's real estate market is moribund and
that investors are clammy to the city, lovely as it may be. Still,
market forces cannot be allowed to shape Haifa's future alone:
What clever planners should be able to do, is direct the forces
in the city's best interest.
The reality is that whoever planned on turning Wadi Salib into
an artists' colony neglected to factor in that it doesn't have any
artists. Nor does it have a courthouse, by the way, Gelbhart
points out. If there's anything that's helped, it's that the
government built itself a complex in the tatty neighborhood,
which has induced a trickle of development in the immediate
environs. Actually, the government complex in Wadi Salib
helps maintain the problem more than it provides solutions.
True, accountants and lawyers have started to rent offices
around the complex, but the huge government edifices have
their back to the neighborhood. An immense, unbroken stone
wall isn't the sort of thing that leads to the rehabilitation of the
neighborhood or to blooming property prices. The complex may
be physically part of the wadi, but that's where their
relationship ends.
Gelbhart thinks that solving Wadi Salib's problem starts with a
plan to connect it with the Hadar through new transport routes.
But it isn't so simple. For one thing, Haifa is built on a
mountain, and "transport route" is a euphemism for "road."
Who wants to live by a highway connecting municipal centers
that splits the neighborhood in two? It will take radical
thinking to bring residents back to Wadi Salib. A lively city is
characterized by a combination of uses and activities: offices
next door to residential areas, restaurants by schools. Wadi
Salib's rehabilitation has to start with the reawakening of the
city of Haifa as a whole, and that forgotten neighborhood itself
has to wait for the proper time
Amos Gitai Wadi Salib
Pyramida, galerie d'art dans les escaliers
Pyramida, art gallery in the stairs
Marche aux puces de Haifa
Haifa Flea market
Pyramida Art Gallery, Haifa Galerie d'Art Pyramida, Haifa
Wadi Salib strates, Galerie Pyramida, Haifa