Haifa: Presentation de la ville

C'est la merveilleuse vue de Haifa, lorsqu'on arrive de la mer, qui fut, pour des centaines de milliers de
nouveaux immigrants, la premiere image, eblouissante du retour a Sion.
Depuis l'arrivee d'immigrants d'Europe et d'Afrique du Nord, des le debut du XXeme siecle, Haifa s'est
metamorphosee pour devenir un pole industriel, scientifique et universitaire, un lieu ou il fait bon vivre.
La ville se decline en cinq atouts principaux: beaute de la nature, education de haut niveau, dynamisme
scientifique et economique, qualite de vie, vie culturelle pluraliste
Le roi Salomon celebrait deja ce site dans le Cantique des Cantiques en ecrivant:
Ta tete est haute comme le Carmel
La ville citee dans le Talmud et la Mishna fut aussi la ville du prophete Elie, dont la grotte est jusqu'a nos
jours un lieu de pelerinage tres frequente, donnant a Haifa un rayonnement spirituel important
En 2006 et de meme chaque annee Haifa recoit 5 etoiles de beaute
La ville: Haïfa,
par A. B. Yehoshua
Newsweek 5/6/11
Je suis fier d’etre né à Jérusalem, la cinquième génération d'une famille Juive qui est arrivée
dans cette ville illustre au milieu du 19e siècle. Néanmoins, après la guerre des Six-Jours de
1967, ma femme et moi avons fait le choix de quitter Jérusalem -non pas pour aller vivre à Tel
Aviv, comme beaucoup de nos amis, mais plutôt d'aller plus loin au Nord, dans la ville portuaire
de Haïfa. Près de 45 ans plus tard, nous pouvons encore nous féliciter de cette sage décision, non
seulement parce que les divisions religieuses et politiques ont modifié le caractère de Jérusalem et
porté atteinte à sa santé mentale, mais aussi en raison des qualités uniques de Haïfa, qui
apparaissent plus clairement avec le passage du temps .
Si je devais définir Haïfa en une seule phrase, ce serait: la ville bien temperée. Cette ville cotiere
offre un mélange idéal de divers éléments qui, dans d'autres parties d'Israël, donnent lieu à
discorde et conflit.
On parle souvent de Haïfa comme d’un lieu où la montagne rencontre la mer, mais c’est plus
que cela. Il s'agit d'une fusion constante entre les deux. A Tel-Aviv on peut marcher près de la
mer, sans être au courant de sa présence jusqu'à ce que l’on atteigne la plage. Mais en raison de
la topographie de Haïfa et de sa baie, la mer est un élément permanent, même vue de fenêtres
éloignées. Et quelqu'un qui se promene sur la plage, ou qui s’éclabousse dans les vagues, peut
voir le vert des ravins éloignés qui sinuent entre les maisons.
Ce mariage topographique offre un cadre qui convient aux sortes d’harmonie sociale qui
embellissent la ville. Tout d'abord, c'est la coexistence de la majorité Juive et la minorité Arabe,
Chrétienne et Musulmane. Même dans les jours difficiles de l'Intifada Palestinienne, les deux
communautés de Haïfa sont restées en bons termes. La raison découle de la guerre
d'indépendance de 1948, lorsque les Juifs et les Arabes se sont affrontés dans tout Israël. Alors qu’
à Haïfa, alors même que les Juifs ont pris le contrôle de la ville, ils ont demandé aux habitants
Arabes de ne pas fuir et de ne pas chercher refuge au Liban. Beaucoup d'Arabes de Haïfa sont
restés, faisant confiance a la promesse des Juifs qu'ils ne seraient pas maltraités dans le nouvel
Etat, et dans les 63 années qui ont suivi, cet accord entre voisins a formé la base d'une relation
respectueuse.
Un bon nombre de rues à Haïfa sont au nom de maires et d'intellectuels Arabes de la période pré-
étatique. Les plaques de nos rues sont bilingues. Les églises et les mosquées, ainsi que le
sanctuaire Bahai au dôme doré et ses jardins magnifiques, sont des lieux de pèlerinage pour les
visiteurs de partout dans le monde, tous sous la protection des Juifs.
En effet, la plus grande vertu Juive de la ville est son esprit laïque pluraliste. Haïfa est une ville
qui ne succombera pas à toute coercition religieuse, et encore moins de la part des Juifs. Il y a
quelques décennies, lorsque les transports publics ont été interdits dans tout le pays le jour du
Shabbat et les jours fériés, notre maire farouchement socialiste a insisté pour leur maintien, non
seulement pour respecter les droits des non-Juifs de la ville, mais aussi pour permettre aux
résidents qui ne possedent pas de voitures privées d’aller à la plage ou de rendre visite a des
parents le Shabbat. La politique laïque de transport de Haïfa demeure un symbole de ses valeurs
égalitaires et socialistes- la ville a longtemps été surnommée "Haïfa la rouge»-, qui subsitent en
face des fortes tendances d'Israël vers la droite, à la fois religieuses et politiques. En même temps,
l’administration de la ville prend soin de respecter sa population religieuse. Dans les quartiers
orthodoxes, les rues sont fermées à la circulation le samedi, et les résidents laïques ne se
plaignent pas comme ils le font dans d'autres villes. En effet, si vos besoins sont respectés, vous
êtes attentif aux valeurs et aux sentiments des autres.
Haifa jouit en plus de tous les avantages d'une grande ville. Mais, contrairement à Tel Aviv, elle
se trouve a un court trajet de quelques-uns des plus beaux paysages du pays: la Galilée, la crête
du Carmel, la vallée de Jezréel. Je pense parfois que si Jérusalem continue à nous entraîner dans
son escalade nationaliste et ses conflits religieux, et Tel-Aviv dans son hédonisme radical, nous
devrons construire une petite barricade au sud de la ville de Zikhron Yaakov, et établir une
république autonome Haifaite, bienveillante envers le reste d'Israël, mais unique et indépendante.
Après tout, ce n'est pas par hasard qu'en 1902, dans son merveilleux roman utopique Old New
Land, le visionnaire sioniste Theodore Herzl a distingué Haifa comme la ville modèle du futur
Etat Juif.
Yehoshua est l'auteur, plus récemment, de Un feu amical. (Cette colonne est traduite de l'Hébreu en Anglais
par Stuart Schoffman. traduction libre en Francais)
